• 2013 : La manip de PISA 2012 (Michel Delord)

    PISA est donc une batterie de tests qui se passe tous les 3 ans depuis 2003 sur trois sujets intitulés Mathématiques, Compréhension de l’écrit, Sciences,  chaque édition ayant une majeure qui était les mathématiques en 2003 et 2012.

    Avant la publication des résultats de PISA et donc avant que quiconque puisse contredire les paroles du ministre,  Vincent Peillon déclare au Grand Journal de Canal+ le 10 octobre « Vous allez voir en décembre la nouvelle étude PISA. La France décroche totalement» et il rajoute le 16 novembre «  Nous sommes sous le choc Pisa, pour l'instant, et ça va être encore pire ». Et lors de la publication officielle début décembre, le ministre continue dans la même voie en parlant de « résultats inacceptables ».

    Qu’en est-il vraiment ?  On peut consulter ICI tous les résultats depuis 2003. Si l’on s’intéresse à l’évolution de 2009 à 2012, on s’aperçoit que les résultats de la France augmentent de 0,2% en Sciences et de 1,8% en Compréhension de l’écrit et diminuent de 0,4 % en Mathématiques, variations toutes non statistiquement significatives. Mais les résultats de PISA 2012 interdisent de dire ce que dit Vincent Peillon « la Franche décroche totalement ».

    Il y a donc volontairement une manipulation de l’opinion.Manipulation que la presse et les différents conseillers, historiens, sociologues a majoritairement directement accompagnée. Et lorsqu’ils ne l’ont pas directement accompagné, ils ont oublié de poser la question du pourquoi de ces affirmations du ministère.Que vise donc cette manipulation ?

    Vous trouverez dans « Coup d’œil rapide sur PISA 2013 » quelques éléments indispensables pour poser correctement la question, notamment comprendre que PISA ne teste en aucun cas des connaissances mathématiques ou valorise un type d’artisan -le menuisier PISA dont je narre les extraordinaires aventures - capable de ruiner une économie en très peu de temps. C’est quand même une performance remarquable pour un organisme comme l’OCDE chargé de développer l’économie mondiale. Mais en y réfléchissant, ce n’est pas une attitude nouvelle puisque la dernière grande manœuvre pédagogique mondiale de son ancêtre OECE a été l’organisation et la promotion d’une des pires catastrophes pédagogiques du XXème siècle : la réforme des mathématiques modernes.

    *

    *          *

    Coup d’œil rapide sur PISA 2012 : plan détaillé

    A - Quelques mots sur les évaluations  en général - Une interview de novembre 2010 par Luc Cédelle

    B - PISA ne teste pas les connaissances en mathématiques

    C - Connaissances et compétences

             Et propter vitam, vivendi  perdere causas.

             La corde des druides et le théorème de Pythagore.

             Gramsci, Mussolini et l'instruction.

             "La réduction de la formation professionnelle à une formation sur le tas, amorcée pour le travail ouvrier est susceptible d'extension à d'autres secteurs "

    D - Coup d’œil sur les robinets qui fuient...

    E- La vie selon PISA

          -   Les extraordinaires aventures du  menuisier PISA et du fermier PISA :

                   Le menuisier PISA

                  Le paysan PISA [A paraitre]

          -  "Relever les défis de la société de la connaissance" ? [A paraître]

    F- Conclusions provisoires et immédiates : poursuite de la grande manip de la refondation ?

    G - Analyse de quelques réactions à PISA - Quelques conclusions à long terme, notamment  sur la grande manip en cours [A paraitre]

    *

    *          *

    Texte complet à : http://michel.delord.free.fr/pisa2013-quick.html

    Bonne lecture

    Michel Delord

     

    Voir aussi :

    http://www.les-mathematiques.net/phorum/read.php?9,889364

    Nouvelle livraison de PISA (les chausse-trappes d'une évaluation internationale) - site LaVieModerne

    Classement PISA : revue de presse début décembre 2013

    Le finnois et PISA : Comment la langue de la Finlande influence favorablement l'enseignement dans beaucoup de matières

     

     

    Andreas Schleicher : « Faisons davantage confiance aux professeurs »

    Pour le directeur de l’éducation de l’OCDE, l’acceptation de la différence, l’apprentissage du respect sont essentiels. Autant qu’apprendre à lire et à compter.

    LE MONDE | 28.06.2016 à 14h41 | Propos recueillis par Annie Kahn

    Abonnez vous à partir de 1 €  Réagir  Ajouter  

    image: http://s2.lemde.fr/image/2016/06/28/534x0/4959756_7_95d4_pour-le-pere-du-classement-pisa-andreas_272c9b7549b01753aad659d4b1354930.jpg

    Pour le père du classement PISA, Andreas Schleicher, il faut donner aux élèves l’opportunité de prendre des risques et d’accepter leurs erreurs.

    Andreas Schleicher est le père du classement PISA qui juge les performances éducatives de chaque pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Directeur de l’éducation de l’OCDE, il a le pouvoir de définir ce qu’est un bon ou un mauvais système scolaire, au plan mondial.

    Le rapport « Compétences globales pour un monde inclusif », publié le 6 mai par l’OCDE, affirme que les écoliers ont besoin de nouvelles compétences. Les savoirs de base ne sont-ils plus suffisants ?

    Je le pense sincèrement. Ils l’étaient au XXe siècle. Lire, écrire, compter étaient les outils nécessaires et suffisants pour profiter des avancées de la révolution industrielle. Mais ils ne le sont plus au XXIe siècle, car il n’est plus possible d’affirmer que ce qu’on apprend aujourd’hui servira pour toute sa vie. A l’heure de la révolution numérique, il faut donner une boussole à chacun, pour le rendre capable de construire son propre savoir, apte à distinguer le vrai du faux quand il navigue sur Google. C’est aussi important que d’apprendre à compter et à lire.

    Il faut aussi développer la curiosité, le leadership, l’empathie. Regardez comme il est difficile d’intégrer des personnes de différentes cultures, qui pensent différemment, en Europe. Nous ne voyons pas le bien commun. Il faut mettre l’accent sur l’acceptation de la diversité.

    Dans les bonnes écoles et les bons lycées français, les jeunes qui font partie de l’élite sont incités à faire preuve de curiosité, de résilience, à collaborer et à mieux communiquer. Mais ce n’est pas le cas de la majorité des élèves dans les classes populaires. On va le payer très cher.

    Ces nouvelles compétences pèseront-elles dans le classement PISA ?

    Oui. Dès 2016, le classement inclura la capacité à collaborer pour résoudre des problèmes. Et ces autres compétences globales que sont le respect, la compréhension et l’acceptation des différences entre les peuples, les cultures, entre autres, feront partis des critères en 2018.

    Selon vous, le système doit être réformé pour des raisons économiques mais aussi sociétales ?

    Notre société ne fonctionnera que si on apprend aux jeunes à vivre et à travailler ensemble. Or on dispose de moins en moins d’espaces de rencontre entre personnes ayant des points de vue différents. La technologie morcelle la société. On se fait un réseau d’amis à son image sur Facebook. Il faut franchir ces barrières. Voyez ce qui se passe avec la réforme du droit du travail. Pour que les gens puissent accepter l’idée de perdre leur boulot, il faut leur donner confiance en leur capacité d’en trouver ou d’en créer un autre. Le manque de préparation ou de confiance leur impose de s’accrocher au statu quo.

    Comment enseigne-t-on l’aptitude au changement ?

    Il ne s’agit pas d’ajouter de nouvelles matières, mais de changer les méthodes. Il faut enseigner moins de choses, mais le faire mieux ; donner aux élèves l’opportunité de prendre des risques et d’accepter leurs erreurs. En maths, par exemple, ce n’est pas la peine de connaître toutes les formules. Il s’agit d’apprendre à penser comme un scientifique. Il faut savoir capter l’imagination des enfants, les encourager. En France, le système est très punitif.

    Est-il possible de trouver des professeurs avec toutes ces qualités ?

    La Finlande ou les Pays-Bas y parviennent. Pour l’étude PISA, on a demandé aux élèves ce qu’il faut pour réussir en maths. Les Français ont répondu : « Le talent, avoir la bosse des maths » ; les Chinois : « Si j’essaie vraiment, mon professeur fera tout pour m’aider et je réussirai. »

    « IL FAUT INCITER LES ENSEIGNANTS À METTRE LEURS COURS SUR UNE PLATE-FORME NUMÉRIQUE. ET PROMOUVOIR CEUX DONT LES COURS SONT LES PLUS PARTAGÉS »

    En France, enseignants et parents réclament des classes avec moins d’effectifs. En Chine, les profs ont cinquante élèves par classe, mais beaucoup de temps pour travailler avec leurs collègues, les parents, les enfants. En Finlande, les enseignants consacrent 30 % de leur temps en dehors de la classe pour aider les enfants qui ont du mal, ou au contraire ceux qui ont un talent particulier.

    Le système français isole les professeurs. C’est une organisation industrielle, avec un ministère qui écrit les programmes et des enseignants qui obéissent. Il faut leur faire davantage confiance, leur donner plus de responsabilités. Les chercheurs dont les publications sont les plus citées sont promus. Il faudrait faire de même à l’école. Inciter les enseignants à mettre leurs cours sur une plate-forme numérique. Et promouvoir ceux dont les cours sont les plus partagés. Chaque enseignant devrait être un entrepreneur social, à même de construire le futur.

    Entretien réalisé en partenariat avec Ashoka France.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/education/article/2016/06/28/andreas-schleicher-faisons-davantage-confiance-aux-professeurs_4959758_1473685.html#6cwYLVYeomk1uGr3.99

    « Les techniques Freinet de l'école moderne (1964)Apprentissage de la lecture : opposer méthode syllabique et méthode globale est archaïque (Roland Goigoux) »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :