• Paris, 14 novembre 2013

    Décodage, compréhension orale, vocabulaire : trois compétences clés pour favoriser l'apprentissage de la lecture des enfants de CP scolarisés en ZEP

    Quelles compétences faut-il particulièrement développer chez les enfants de CP scolarisés en ZEP afin de favoriser l'apprentissage de la lecture ? C'est ce qu'ont cherché à savoir des chercheurs du CNRS et des universités de Grenoble, Paris Descartes et d'Aix-Marseille. Pour ce faire, ils ont mené une étude auprès de 394 enfants de fin de CP, scolarisés dans des zones d'éducation prioritaires (1) de l'Académie de Lyon. Les résultats montrent que, sur tous les facteurs qui peuvent intervenir dans la compréhension écrite de ces enfants, les capacités de décodage, de compréhension d'énoncés oraux et le vocabulaire jouent un rôle prépondérant. Ces résultats, publiés le 8 novembre 2013 dans la revue PloS ONE ont été obtenus en collaboration avec la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de l'Université de Genève. Les chercheurs soulignent en outre l'importance de l'évaluation et de l'entrainement de ces compétences dès le CP chez ces enfants pour améliorer leur compréhension de l'écrit.

    Apprendre à lire est une activité complexe, longue et difficile qui implique un enseignement et un accompagnement systématique et approfondi. En France, si 5% des enfants des classes ordinaires ont des difficultés de maitrise de la langue écrite en CP, ce taux peut dépasser 25 % dans certaines zones défavorisées. Il est donc très important d'identifier quelles sont les compétences dont les niveaux d'acquisition influencent directement la compréhension écrite des enfants scolarisés en CP afin de proposer, particulièrement dans les ZEP, des exercices qui favoriseraient de manière optimale l'apprentissage de la lecture chez ces enfants.

    Les chercheurs du laboratoire de psychologie et neurocognition (CNRS/Universités Pierre Mendès France et Joseph Fourier/Université de Savoie), du laboratoire de psychologie cognitive (CNRS/Aix-Marseille Université) et du laboratoire psychologie de la perception (CNRS/Université Paris Descartes), en collaboration avec la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation de Genève, ont examiné le niveau d'acquisition des principales compétences qui peuvent influencer la compréhension en lecture chez 394 enfants de CP scolarisés dans des zones d'éducation prioritaires en début, puis en fin d'année scolaire :
    -    Le « décodage » : la précision et la rapidité à lire des mots (familiers ou inventés),
    -    La compréhension d'énoncés oraux,
    -    Le vocabulaire.
    En fin de CP, ils ont également testé la compréhension d'énoncés écrits pour mettre le tout en relation et déterminer l'implication de chaque compétence dans la compréhension de ces énoncés.

    Les principaux résultats révèlent pour la première fois que pour ces 394 enfants de fin de CP, sur tous les nombreux facteurs (soit 100%) qui peuvent intervenir dans la compréhension écrite (comme les caractéristiques de la langue parlée, l'attention, la mémorisation…), les capacités de décodage sont impliquées à 34 %, la compréhension d'énoncés oraux à 8,9% et le vocabulaire à 4,5%. Des chiffres significatifs qui montrent combien ces trois compétences sont importantes à acquérir pour que les enfants arrivent à comprendre ce qu'ils lisent.

    Ces résultats originaux ont des implications importantes dans le domaine de l'éducation. Ils montrent en effet que l'évaluation de ces trois capacités (décodage, compréhension orale et vocabulaire) pourrait aider les enseignants à repérer de façon précoce les enfants susceptibles d'avoir des difficultés dans l'apprentissage de la lecture et à leur proposer ainsi des entrainements davantage personnalisés.

    Notes :

    (1) Les zones d'éducation prioritaires (ZEP) sont, dans le système éducatif français, des zones dans lesquelles sont situés des établissements scolaires (écoles ou collèges) dotés de moyens supplémentaires et d'une plus grande autonomie pour faire face à des difficultés d'ordre scolaire et social. Elles ont été créées par l'Éducation nationale en 1981 par une circulaire interministérielle dans le but de lutter contre l'échec scolaire. Les ZEP n'existent plus sous ce nom depuis 2006-2007, d'autres dispositifs les remplaçant sous des appellations variables (APV, RAR, CLAIR, ECLAIR...) mais l'expression reste ancrée dans le langage du monde éducatif.

    Références :

    Reading Comprehension in a Large Cohort of French First Graders from Low Socio-Economic Status Families: A 7-Month Longitudinal Study. Edouard Gentaz, Liliane Sprenger-Charolles, Anne Theurel, Pascale Colé, Research Article, published 08 Nov 2013 , PLOS ONE 10.1371/journal.pone.0078608
    Consulter le site web

    Pour aller plus loin:
    Apprendre …oui mais comment ? E. Gentaz (Ed). ANAE N 123– Numéro spécial. 2013.
    Apprendre à lire (des sciences cognitives à la salle de classe). S. Dehaene (Dir), G. Dehaene-Lambertz, E. Gentaz, C. Huron, & L. Sprenger-Charolles. Editions Odile Jacob, 2011.
    Lecture et Dyslexie : approche cognitive (Seconde édition). L. Sprenger-Charolles et P. Colé. Editions Dunod, 2013

    Contacts :

    Chercheur CNRS l Edouard Gentaz l T 06 08 84 47 92 l Edouard.Gentaz@unige.ch

    Presse CNRS l Laetitia Louis l T 01 44 96 51 37 l laetitia.louis@cnrs-dir.fr
    http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3309.htm?&theme1=7

     


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  • PISA est donc une batterie de tests qui se passe tous les 3 ans depuis 2003 sur trois sujets intitulés Mathématiques, Compréhension de l’écrit, Sciences,  chaque édition ayant une majeure qui était les mathématiques en 2003 et 2012.

    Avant la publication des résultats de PISA et donc avant que quiconque puisse contredire les paroles du ministre,  Vincent Peillon déclare au Grand Journal de Canal+ le 10 octobre « Vous allez voir en décembre la nouvelle étude PISA. La France décroche totalement» et il rajoute le 16 novembre «  Nous sommes sous le choc Pisa, pour l'instant, et ça va être encore pire ». Et lors de la publication officielle début décembre, le ministre continue dans la même voie en parlant de « résultats inacceptables ».

    Qu’en est-il vraiment ?  On peut consulter ICI tous les résultats depuis 2003. Si l’on s’intéresse à l’évolution de 2009 à 2012, on s’aperçoit que les résultats de la France augmentent de 0,2% en Sciences et de 1,8% en Compréhension de l’écrit et diminuent de 0,4 % en Mathématiques, variations toutes non statistiquement significatives. Mais les résultats de PISA 2012 interdisent de dire ce que dit Vincent Peillon « la Franche décroche totalement ».

    Il y a donc volontairement une manipulation de l’opinion.Manipulation que la presse et les différents conseillers, historiens, sociologues a majoritairement directement accompagnée. Et lorsqu’ils ne l’ont pas directement accompagné, ils ont oublié de poser la question du pourquoi de ces affirmations du ministère.Que vise donc cette manipulation ?

    Vous trouverez dans « Coup d’œil rapide sur PISA 2013 » quelques éléments indispensables pour poser correctement la question, notamment comprendre que PISA ne teste en aucun cas des connaissances mathématiques ou valorise un type d’artisan -le menuisier PISA dont je narre les extraordinaires aventures - capable de ruiner une économie en très peu de temps. C’est quand même une performance remarquable pour un organisme comme l’OCDE chargé de développer l’économie mondiale. Mais en y réfléchissant, ce n’est pas une attitude nouvelle puisque la dernière grande manœuvre pédagogique mondiale de son ancêtre OECE a été l’organisation et la promotion d’une des pires catastrophes pédagogiques du XXème siècle : la réforme des mathématiques modernes.

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    Coup d’œil rapide sur PISA 2012 : plan détaillé

    A - Quelques mots sur les évaluations  en général - Une interview de novembre 2010 par Luc Cédelle

    B - PISA ne teste pas les connaissances en mathématiques

    C - Connaissances et compétences

             Et propter vitam, vivendi  perdere causas.

             La corde des druides et le théorème de Pythagore.

             Gramsci, Mussolini et l'instruction.

             "La réduction de la formation professionnelle à une formation sur le tas, amorcée pour le travail ouvrier est susceptible d'extension à d'autres secteurs "

    D - Coup d’œil sur les robinets qui fuient...

    E- La vie selon PISA

          -   Les extraordinaires aventures du  menuisier PISA et du fermier PISA :

                   Le menuisier PISA

                  Le paysan PISA [A paraitre]

          -  "Relever les défis de la société de la connaissance" ? [A paraître]

    F- Conclusions provisoires et immédiates : poursuite de la grande manip de la refondation ?

    G - Analyse de quelques réactions à PISA - Quelques conclusions à long terme, notamment  sur la grande manip en cours [A paraitre]

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    Texte complet à : http://michel.delord.free.fr/pisa2013-quick.html

    Bonne lecture

    Michel Delord

     

    Voir aussi :

    http://www.les-mathematiques.net/phorum/read.php?9,889364

    Nouvelle livraison de PISA (les chausse-trappes d'une évaluation internationale) - site LaVieModerne

    Classement PISA : revue de presse début décembre 2013

    Le finnois et PISA : Comment la langue de la Finlande influence favorablement l'enseignement dans beaucoup de matières

     

     

    Andreas Schleicher : « Faisons davantage confiance aux professeurs »

    Pour le directeur de l’éducation de l’OCDE, l’acceptation de la différence, l’apprentissage du respect sont essentiels. Autant qu’apprendre à lire et à compter.

    LE MONDE | 28.06.2016 à 14h41 | Propos recueillis par Annie Kahn

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    image: http://s2.lemde.fr/image/2016/06/28/534x0/4959756_7_95d4_pour-le-pere-du-classement-pisa-andreas_272c9b7549b01753aad659d4b1354930.jpg

    Pour le père du classement PISA, Andreas Schleicher, il faut donner aux élèves l’opportunité de prendre des risques et d’accepter leurs erreurs.

    Andreas Schleicher est le père du classement PISA qui juge les performances éducatives de chaque pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Directeur de l’éducation de l’OCDE, il a le pouvoir de définir ce qu’est un bon ou un mauvais système scolaire, au plan mondial.

    Le rapport « Compétences globales pour un monde inclusif », publié le 6 mai par l’OCDE, affirme que les écoliers ont besoin de nouvelles compétences. Les savoirs de base ne sont-ils plus suffisants ?

    Je le pense sincèrement. Ils l’étaient au XXe siècle. Lire, écrire, compter étaient les outils nécessaires et suffisants pour profiter des avancées de la révolution industrielle. Mais ils ne le sont plus au XXIe siècle, car il n’est plus possible d’affirmer que ce qu’on apprend aujourd’hui servira pour toute sa vie. A l’heure de la révolution numérique, il faut donner une boussole à chacun, pour le rendre capable de construire son propre savoir, apte à distinguer le vrai du faux quand il navigue sur Google. C’est aussi important que d’apprendre à compter et à lire.

    Il faut aussi développer la curiosité, le leadership, l’empathie. Regardez comme il est difficile d’intégrer des personnes de différentes cultures, qui pensent différemment, en Europe. Nous ne voyons pas le bien commun. Il faut mettre l’accent sur l’acceptation de la diversité.

    Dans les bonnes écoles et les bons lycées français, les jeunes qui font partie de l’élite sont incités à faire preuve de curiosité, de résilience, à collaborer et à mieux communiquer. Mais ce n’est pas le cas de la majorité des élèves dans les classes populaires. On va le payer très cher.

    Ces nouvelles compétences pèseront-elles dans le classement PISA ?

    Oui. Dès 2016, le classement inclura la capacité à collaborer pour résoudre des problèmes. Et ces autres compétences globales que sont le respect, la compréhension et l’acceptation des différences entre les peuples, les cultures, entre autres, feront partis des critères en 2018.

    Selon vous, le système doit être réformé pour des raisons économiques mais aussi sociétales ?

    Notre société ne fonctionnera que si on apprend aux jeunes à vivre et à travailler ensemble. Or on dispose de moins en moins d’espaces de rencontre entre personnes ayant des points de vue différents. La technologie morcelle la société. On se fait un réseau d’amis à son image sur Facebook. Il faut franchir ces barrières. Voyez ce qui se passe avec la réforme du droit du travail. Pour que les gens puissent accepter l’idée de perdre leur boulot, il faut leur donner confiance en leur capacité d’en trouver ou d’en créer un autre. Le manque de préparation ou de confiance leur impose de s’accrocher au statu quo.

    Comment enseigne-t-on l’aptitude au changement ?

    Il ne s’agit pas d’ajouter de nouvelles matières, mais de changer les méthodes. Il faut enseigner moins de choses, mais le faire mieux ; donner aux élèves l’opportunité de prendre des risques et d’accepter leurs erreurs. En maths, par exemple, ce n’est pas la peine de connaître toutes les formules. Il s’agit d’apprendre à penser comme un scientifique. Il faut savoir capter l’imagination des enfants, les encourager. En France, le système est très punitif.

    Est-il possible de trouver des professeurs avec toutes ces qualités ?

    La Finlande ou les Pays-Bas y parviennent. Pour l’étude PISA, on a demandé aux élèves ce qu’il faut pour réussir en maths. Les Français ont répondu : « Le talent, avoir la bosse des maths » ; les Chinois : « Si j’essaie vraiment, mon professeur fera tout pour m’aider et je réussirai. »

    « IL FAUT INCITER LES ENSEIGNANTS À METTRE LEURS COURS SUR UNE PLATE-FORME NUMÉRIQUE. ET PROMOUVOIR CEUX DONT LES COURS SONT LES PLUS PARTAGÉS »

    En France, enseignants et parents réclament des classes avec moins d’effectifs. En Chine, les profs ont cinquante élèves par classe, mais beaucoup de temps pour travailler avec leurs collègues, les parents, les enfants. En Finlande, les enseignants consacrent 30 % de leur temps en dehors de la classe pour aider les enfants qui ont du mal, ou au contraire ceux qui ont un talent particulier.

    Le système français isole les professeurs. C’est une organisation industrielle, avec un ministère qui écrit les programmes et des enseignants qui obéissent. Il faut leur faire davantage confiance, leur donner plus de responsabilités. Les chercheurs dont les publications sont les plus citées sont promus. Il faudrait faire de même à l’école. Inciter les enseignants à mettre leurs cours sur une plate-forme numérique. Et promouvoir ceux dont les cours sont les plus partagés. Chaque enseignant devrait être un entrepreneur social, à même de construire le futur.

    Entretien réalisé en partenariat avec Ashoka France.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/education/article/2016/06/28/andreas-schleicher-faisons-davantage-confiance-aux-professeurs_4959758_1473685.html#6cwYLVYeomk1uGr3.99


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  • http://le-finnois-et-pisa.blogspot.com/

    Table des matières


    Changements par rapport à la version précédente

    En plus de changements mineurs et de clarifications par rapport à la version précédente, j'ai essayé ici de fournir plus d'informations sur des études passées concernant l'influence de la langue, du finnois en particulier, sur les processus d'apprentissage.

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  • Sur Neoprofs : http://www.neoprofs.org/t69292-classement-pisa-revue-de-presse-debut-decembre-2013

    Merci John !

    La presse a fait ses choux gras sur la place de la France dans le classement Pisa, pour en tirer les conclusions les plus diverses, variées, voire opposées !

    Quelques articles parmi la foule de textes produits à cette occasion :

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