• Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46 : voyelles représentées par une lettre, consonnes soutenues

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    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46 : voyelles représentées par une lettre, consonnes soutenues

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    ENSEIGNEMENT DE LA LECTURE

    Voyelles représentées par une lettre.

    Six voyelles sont représentées par une lettre, bien qu'il n'y ait dans l'alphabet que cinq lettres voyelles, la lettre e servant à exprimer deux voyelles très différentes pour l'oreille : e comme dans le et, avec l'addition d'un accent, é comme dans ré.

    Ces six voyelles forment deux groupes naturels par la forme qu'affecte la bouche pour les prononcer. Le premier comprend les sons a, o, u pour l'émission desquels la bouche s'ouvre en rond, largement pour a, en se rétrécissant de plus en plus pour o et u jusqu'au point de ne plus laisser pour cette dernière qu'un espace presque nul entre les lèvres rapprochées en moue. Le second comprendra les sons e, é, i pour l'émission desquels, au contraire, la bouche partant de la position normale, — les lèvres à peine entr'ouvertes pour le son e, — se fend de plus en plus transversalement pour les deux autres.

    Outre l'utilité de ce rapprochement pour mieux faire sentir les différences de prononciation entre deux voyelles voisines, on verra plus tard le parti qu'on en peul tirer au point de vue d'une règle de lecture.

    Le maître présentant la figurine destinée à l'élude de la lettre a fera aux élèves un récit dans le genre de celui-ci1 :

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    La petite fille dont vous voyez le portrait s'appelle Anna2. Elle est bonne pour ses camarades. Si au goûter l'une d'elles n'a rien à manger avec son pain, Anna partage volontiers avec elle la tartine que sa maman lui a préparée. Aussi ses camarades l'aiment-elles beaucoup et sont-elles enchantées de trouver une occasion de lui faire plaisir. Un jour, plusieurs d'entre elles qu'on avait menées visiter un beau jardin ont fait un charmant bouquet, avec les fleurs qu'on leur avait permis d'y cueillir et le lui ont apporté. En voyant toutes ces belles fleurs, la petite Anna a poussé un cri d'admiration : Ah ! Vous la voyez sur son portrait au moment où elle pousse ce cri et vous remarquez qu'elle lève en même temps la main près de son visage. Eh bien, faites comme elle et dites ce qu'elle a dit : Ah !

     

    (Placer la main ouverte à la hauteur du visage.)

     

    Après que les élèves ont répété, à l'exemple du maître, le son exclamatif en faisant le mouvement correspondant, celui-ci attire leur attention sur la lettre qui leur est présentée comme étant un moyen de rappeler par un signe visible le cri poussé par l'enfant dont on a dit l'histoire. Il fait des observations sur la forme de la lettre afin que chaque détail du contour soit remarqué par les élèves3.

    Le maître fera étudier d'une manière analogue les voyelles o et u et les voyelles e, e, i, à l'aidé de récits dans le genre des suivants. (Tab. 1, 1 bis. - El. 3, 4, 5)

     

    La petite Odile dont voici le portrait est très craintive : elle a peur de beaucoup d'animaux, même de petits qui ne peuvent certainement pas lui faire de mal. Un jour elle se promenait dans un bois ; elle aperçut un Crapaud qui traversait le chemin et elle se recula en poussant un cri d'horreur : Oh !

    Voyez-vous comme elle avance le bras faisant le geste de repousser l'objet qui lui cause cette frayeur.

     

     

    (Avancer la main, tendue en avant et un peu relevée sur le poignet, en la dirigeant obliquement vers le sol.)

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    La Jeune Ursule est une bonne sœur, elle se plaît à amuser son petit frère. Celui-ci aime à jouer au cheval et Ursule lui mettant une corde dans les mains fait le cocher qui veut exciter ses chevaux, elle agite un petit fouet eu criant : hue !

     

    (Faire avec la main fermée et placée à la hauteur, mais à une certaine distance de l'épaule, le geste de donner un coup de fouet.)

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    Eugénie est une petite flâneuse ; sa maman l'a envoyée à l'école en la faisant partir bien à l'avance, mais elle s'est arrêtée à regarder les images qui étaient à la devanture d'une boutique ; puis, tout à coup, elle s'est aperçue qu'elle était en retard et risquait de trouver la porte de l'école fermée ; elle a couru si fort qu'elle peut à peine respirer ; sa poitrine se soulève bien fort et elle y pose la main parce que cela lui fait mal. On entend sortir de sa bouche ce petit bruit : heu !

     

    (Placer la main ouverte sur la poitrine.)

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    Émilie est désobéissante et un jour elle en a été bien punie. Sa maman lui avait défendu de monter dans le grenier où on avait mis à sécher du linge. Elle y est cependant entrée ; le vent a repoussé la porte ; elle s'est trouvée enfermée ; elle a appelé ses sœurs par la fenêtre en leur faisant de grands gestes et en criant : hé ! Mais ses sœurs étaient occupées à jouer et elles ont été longtemps avant de l'entendre, de sorte que le temps de la récréation s'est passé sans qu'elle pût s'amuser avec elles.

     

    (Faire avec le bras, sur le côté et à la hauteur de la tête, le mouvement d'appeler.)

     

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    La jeune Irène a un petit frère qui est très rieur. Un dimanche leur maman les conduit à une fête et ils voient dans une baraque des singes qui font de si drôles de cabrioles que le petit garçon se met à rire aux éclats. Irène regarde son frère et remarque comme les coins de sa bouche se relèvent quand il rit. Elle lui montre, en mettant elle-même le doigt au coin de ses lèvres, comment est sa bouche et elle imite le bruit de son rire : hi !

     

    (Mettre l'index au coin de la bouche en relevant obliquement la main.)

     

    Après chaque récit on établit, comme on l'a fait pour a, le lien entre la lettre et le son qui lui correspond et on fait observer en détail la forme de chaque lettre. On trace en outre la forme cursive de la lettre au tableau noir pour donner lieu aux exercices précédemment indiqués.

     

    Recommandations. — Le but de l'emploi des gestes est double: amener l'entrain dans la classe ; permettre le contrôle du maître. Il ne faut pas que l'entrain dégénère en tumulte; le maître maintiendra donc les voix à un diapason assez bas pour que, même lorsqu'un grand nombre d'enfants émettront un son, il n'en résulte pas un trop grand bruit. D'un autre côté, pour que le contrôle soit facile, il faut que les gestes soient uniformes et faits de la même main. Les enfants ne se rendant pas bien compte de la symétrie renversée qui fait que leur main gauche se trouve en face de la main droite du maître, celui-ci devra exécuter les mouvements de la main opposée à celle par laquelle il voudra les faire exécuter par les enfants, et amener ceux-ci à les faire au même instant. Cette habitude de simultanéité dans les exercices est à prendre au début.

    Exercices divers – Des exercices variés doivent être faits sur les lettres qui ont été l'objet d'une leçon. Ils ont pour objet de fortifier l'association d'idées qui doit s'établir entre la lettre et le son, amenant ce résultat, que la vue de la lettre, réveillant l'idée du récit auquel elle a donné lieu, fasse aisément retrouver aux élèves sa valeur vocale.

    Voici des exemples de chacun des genres de questions qui peuvent être posés aux enfants, et des sortes d'exercices qui peuvent être faits.

    Comment fait la petite fille qui reçoit un joli bouquet ? — Réponse : Elle dit : Ah ! .

    Qui pousse le cri de : Hue ! — Réponse. Le cocher ! Ou : La petite fille qui joue au cheval avec son frère.

    Quel cri représente cette lettre (o) ? — Réponse. Le cri d'horreur de la petite fille qui voit un vilain crapaud : Oh !

    Le maître fera un geste et les enfants devront le répéter en disant le son correspondant.

    Le maître sans faire de geste dira un son et les enfants devront le traduire en geste, sans rien dire.

    Après avoir montré les lettres placées à côté des figures, le maître devra montrer celles qui sont au verso des cartons, de manière que les élèves retrouvent la valeur des lettres sans être aidés par la vue de l'image.

    Dans les exercices de révision qu'on devra faire à chaque leçon de plus en plus rapidement, afin de ne jamais laisser perdre aux élèves le souvenir des lettres apprises, on trouvera l'occasion de nouveaux exercices.

    On habituera les enfants à reproduire eux-mêmes les récits qu'on leur aura fait, puis à en imaginer d'autres, reposant sur la même donnée et conduisant comme conclusion au même son.

    On pourra faire quelques rapides digressions, surtout sous forme d'interrogations, qui auront pour but l'enseignement de notions utiles. Par exemple à propos de hue ! cri du cocher, on parlera du cheval, des services qu'il nous rend, des soins, qu'on doit avoir pour lui. À propos de e, bruit de la fatigue, on parlera de l'inconvénient qu'il peut y avoir à s'essouffler, de l'habitude qu'il faut prendre de calculer l'emploi de son temps, de manière à ne pas être obligé de courir pour regagner le temps perdu, etc.

    Il y aura dans ces exercices un moyen d'occuper simultanément plusieurs divisions d'une classe. Pendant que les débutants auront simplement à répondre aux questions élémentaires sur l'idée à laquelle se rattache chaque son et chaque signe et à dire la

    valeur de chaque lettre, les élèves plus avancés prendront part à la leçon, grâce aux questions accessoires qui leur seront adressées par le maître et auront pour but de fixer leur attention sur une notion utile.

    Voyelles ouvertes et fermées. - Quatre des six voyelles simples ont deux valeurs différentes qu'on peut caractériser par les deux qualifications données à é dit fermé dans le mot bonté, ouvert dans le mot règle. De même a est ouvert dans bas, fermé dans chat ; o est ouvert dans côte, fermé dans hotte. Au son fermé e dans le, correspond un son ouvert qui se représente par deux lettres eu, connue dans feu.

    La longueur du son, c'est-à-dire sa tenue plus prolongée ne doit pas se confondre avec l'état ouvert. Bien que ces deux caractères s'allient généralement, ils peuvent être indépendants l'un de l'autre ; un son bref peut être prolongé, comme il le sera par exemple dans le mot rare, si on insiste sur a pour exprimer à un haut degré la qualité signifiée par l'adjectif : excessivement rare ; un son ouvert peut être prononcé rapidement ; u et i peuvent être longs ou brefs ; ils n'ont qu'un degré d'ouverture, ce qui tient à ce que les lèvres sont à leur maximum de rapprochement circulaire pour u, de tension latérale pour i.

    Pour indiquer à l'aide des gestes les deux nuances de sons dont il s'agit, et par une sorte d'analogie avec les qualifications de ouverts et fermés qui leur sont attribuées, on écartera les doigts en donnant à la main la position nécessaire pour exprimer les sons â, ô, eu, è, on les rapprochera pour exprimer les sons a, o, e, é. Cette indication visible des différences existant entre les deux variétés d'un son exprimé par une même lettre, aidera le maître à rectifier chez ses élèves certaines prononciations inexactes.

    Écriture. — Les exercices d'écriture dont nous avons parlé précédemment pourront commencer dès la leçon où on aura étudié la lettre i qui, étant très simple dans sa forme, se prête mieux que toute autre à une première leçon d'écriture. Le maître fera remarquer aux élèves qu'il trace une ligne oblique de droite à gauche, fait succéder une partie courbe à la partie droite et remonte en amincissant le trait qu'il a commencé par faire plus épais, qu'ensuite il revient au-dessus de l'endroit d'où il est parti pour y placer un point.

    Les élèves devront reproduire dans l'espace tous ces mouvements à l'aide de l'index tendu ; puis on leur remettra les ardoises ou les cahiers et ils devront tracer la lettre à l'aide du crayon ou de la plume.

    À i succédera u qui se compose de deux i sauf le point, puis o qui a une forme ovale, c'est-à-dire celle d'un œuf ; puis a qui est la combinaison de o et d'un des jambages de u ; enfin e et é qui rappellent le tracé de o sauf la boucle par laquelle elles commencent et le trait final qui s'écarte sans fermer l'ovale ; un accent distinguant en outre la seconde de ces lettres de la première.

     

    Consonnes soutenues.

     

    Les voyelles ont été rapprochées d'exclamations ou de cris pour donner matière aux récits destinés à en rendre l'étude plus agréable. Pour les consonnes, d'après ce que nous avons dit de leur nature, le rapprochement doit se faire avec des bruits qui n'ont plus la netteté des exclamations, mais dont l'imitation amène naturellement à l'émission correcte des articulations de la nature desquelles ils participent.

    Ainsi, prenant d'abord les consonnes soutenues, qui sont f, v, r, l, m, s, z, j, elles pourront être présentées comme étant l'imitation par exemple f du bruit que fait entendre le chat fâché quand il jure, v du bruit du vent que produisent les ailes d'une troupe d'oiseaux prenant leur essor. (El. 3 à 8 — Tab. 2, 2 bis)

    Il résulte de là même que l'on doit abandonner dans cette étude non seulement les anciennes dénominations données aux consonnes , , , effe, mais même les nouvelles be, de, fe. La manière de les présenter que nous conseillons a le grand avantage de leur conserver, même prises séparément, la valeur qu'elles ont dans le corps des mots et de faciliter ainsi la syllabation. Il suffit, pour se rendre compte du simple murmure à faire entendre pour produire chaque articulation, de prendre un mot qui commence par l'une d'elles et de le prononcer assez lentement pour que l'effort vocal par lequel on débute soit saisissable par l'oreille avant que le son suivant ne soit formé; exemples : f... aux; v... ent.

    Les images affectées à l'étude des consonnes représentent des petits garçons, tandis que les voyelles seront étudiées à l'aide d'images représentant des petites filles. Il y a là un moyen mnémonique accessoire pour les jeunes élèves de se rappeler la nature des éléments phonétiques et de les distinguer en voyelles et consonnes, indépendamment de ce que nous avons dit précédemment du moyen de distinction fondé sur la vocalisation possible pour les voyelles, impossible pour les consonnes.

    Le maître procédera à l'enseignement des consonnes par des récits du même genre que ceux qu'il a faits pour les voyelles. Les mots qui résument l'idée du récit en rappelant le phénomène sonore proposé à l'imitation des enfants, contiennent généralement l'articulation dont il s'agit. S'il en est autrement, le maître fera entrer dans son récit un mot au commencement ou à la fin duquel se trouve la consonne étudiée, afin que l'exemple se trouve naturellement lié à l'explication donnée. Celle recommandation sera observée dans les récits que nous donnons ci-après comme spécimens :

     

     

    Félix est un vilain taquin. Il y a chez sa maman un beau chat qui empêche les souris de venir manger ce qui se trouve dans le buffet. Félix qui sait bien cela ne devrait pas le tourmenter ;mais souvent, quand le chat s'endort pelotonné sur une chaise, il va lui tirer la queue pour le réveiller. Le chat mécontent le menace de ses griffes et fait entendre ce murmure : fff...

     

    (Amener l'avant-bras, en le ployant, à la position verticale, la main en haut, les doigts repliés, et faire le simulacre du coup de griffe.)

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

     

    Victor habite une ferme ; en se promenant dans la cour il voit des pigeons ramassant des grains. À son approche tous les pigeons s'envolent et il va raconter à son oncle le fermier que tous les pigeons sont partis en l'air en faisant du bruit. En racontant cela il indique de la main la direction du vol de l'oiseau, et il imite le bruit de leur ailes en faisant : vvv...

     

    (Placer la main à la hauteur de la tête, le bout des doigts touchant presque l'épaule, puis l'élever obliquement en étendant le bras.)

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

     

    René demeure dans un village que traverse tous les jours une diligence. Le dimanche, à l'heure où la voilure doit se passer, il se met à la fenêtre et quand elle s'approche, il s'amuse à tourner la main comme il voit tourner les roues et imite le bruit que la voiture fait en roulant sur le pavé : rrr...

     

    (Faire, avec la main placée parallèlement au corps et devant lui un mouvement circulaire

    de dedans en dehors et de haut en bas

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    Pendant ses vacances Louis est allé à la campagne. Dans une promenade il a entendu le bruit d'un petit ruisseau ; il s'est approché pour se rafraîchir ; il a vu l'eau qui coulait dans un endroit resserré entre de grosses pierres et qui laissait entendre un petit murmure. Il s'est assis au bord du ruisseau et, de sa main, il a imité le mouvement de l'eau qui coule, en faisant avec sa bouche le murmure qu'il entendait : lll.

     

    (Mouvoir horizontalement, de dedans en dehors, la main ouverte et placée d'abord en avant du corps, presque à le toucher.)

     

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

    Maurice aime beaucoup les animaux. Quand il va chez sa tante la fermière, il lui demande la permission de l'accompagner dans l'écurie où sont les chevaux qu'on harnache, dans l'étable où sont les vaches qui donnent le bon lait dont on fait le beurre et le bon fromage. Quand il la voit traire les vaches, il fait le même mouvement qu'elle avec sa main, en imitant le mugissement qu'il a entendu pousser à la vache lorsqu'elle rentrait à l'étable : mmm...

     

    (Plier le bras de façon que la main fermée, placée verticalement en avant du corps, puisse descendre comme dans le mouvement fait pour traire la vache.).

     

    Sylvain vient d'un pays lointain où il a vu beaucoup de serpents dans les bois ; il raconte à ses petits amis comment les serpents rampent dans l'herbe et comment on les voit dresser leur tête en sifflant : sss... Et sa main reproduit les ondulations du serpent...

     

    (Faire, avec la main ouverte, placée horizontalement un peu de côté et en avant du corps, plusieurs ondulations.)

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

    Zacharie est un petit enfant qui aime à aller dans les bois. Lorsqu'il s'est bien promené, il se repose sous un grand arbre : quand il fait du vent, il voit les feuilles s'agiter et, en se choquant les unes contre les autres, faire entendre le petit bruit qu'il imite en disant : zzz..., tout en agitant les doigts pour représenter les mouvements des feuilles.

     

    (Tenir l'avant-bras dressé de façon que la main soit à la hauteur et à côté de la tête, puis faire tourner la main par la torsion du poignet, les doigts légèrement écartés.)

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

    Julien, la première fois qu'il est venu dans une ville, a été étonné de voir au milieu d'une place un grand bassin et, au milieu du bassin, un grand jet d'eau qui formait une belle gerbe en retombant. Revenu chez lui, il a raconté à sa sœur en élevant en l'air un doigt tendu, comment l'eau montait tout droit en faisant entendre un bruit comme cela : jjj...

     

    (Placer l'avant-bras verticalement devant le corps et à une petite distance, puis, l'élever doucement en tenant l'index tendu et les autres doigts repliés.)

    Grosselin, Manuel de la phonomimie, pp.31-46.

     

    Tous les exercices indiqués comme devant être faits suivies voyelles (voir supra) seront renouvelés à propos des consonnes.

    Nous indiquons ci-après à titre d'exemples les notions diverses sur lesquelles l'attention des enfants pourra être appelée à propos de l'étude de chacune des lettres.

    Notions utiles. f. Le chat, sa fourrure, ses griffes, ses services; dégâts des souris et des rats; les rongeurs et les carnassiers.

    v. Le vol des oiseaux, les plumes, les ailes, le duvet et son usage; l'utilité des oiseaux, les nids, les cages, les oiseleurs.

    r. Les voitures, leurs diverses espèces, leurs parties, leur usage ; le charron ; le cercle.

    l. L'eau, ses usages, les cours d'eau (ruisseaux, rivières), les prairies ; l'arrosage, la propreté, le blanchissage.

    m. La vache, l'étable, le lait, le fromage, le beurre, le fumier4.

    s. Les reptiles, leur forme, leurs écailles, leur manière de se mouvoir, de se nourrir ; serpents venimeux et non venimeux.

    z. Effets du vent, son utilité pour purifier l'air, pour pousser les vaisseaux à voiles, pour faire tourner les moulins ; ses divers noms selon sa force.

    l. L'eau remontant à son niveau, les tuyaux qui conduisent l'eau aux fontaines, les jets d'eau, les cascades.

     

    Observations diverses. Le maître aura soin de ne pas faire répéter plusieurs fois l'effort vocal quand, montrant aux enfants une lettre, il leur demandera d'en dire la valeur ou quand, faisant le geste correspondant, il leur dira d'effectuer l'articulation qu'il rappelle. Ainsi, quand il s'agira du murmure du chat fâché que rappelle la consonne f, les élèves ne devront pas dire f... f... f... mais simplement soutenir l'effort de manière que l'oreille perçoive un bruit continu et régulier tout le temps que dure cet effort. Cette répétition saccadée de l'articulation aurait l'inconvénient, quand on arrivera à la syllabation, de nuire à la facile réunion de la consonne et de la voyelle et d'empêcher les élèves d'arriver à l'émission unanime de la syllabe au moment où sa seconde partie est indiquée soit par le geste du maître, quand il s'agit des exercices préparatoires dont nous parlerons, soit par l'apparition sur une carte de la voyelle qui la termine.

    Pour obtenir plus aisément l'observation de cette règle importante, quand il s'agira d'un mouvement fait d'une façon continue dans un même sens comme pour f, v, m, j, ce mouvement, au lieu d'être fait à plusieurs reprises, devra être exécuté lentement de manière à durer autant que l'articulation elle-même devra être soutenue.

    Les mouvements correspondant à r, s, z consistant soit dans le tracé d'une ligne circulaire dans l'espace, soit dans l'agitation de la main sans déplacement, peuvent se continuer aussi longtemps qu'on veut sans qu'on soit forcé de revenir à un point de départ pour les recommencer.

    - Chacun des récits faits pour les consonnes devra se terminer comme ceux faits pour les voyelles, par l'observation de la forme de la lettre présentée également aux élèves comme étant un moyen de rappeler par un signe visible le bruit dont on parle et qu'il s'agit d'imiter.

    Pour plusieurs des lettres on pourra employer un moyen mnémonique accessoire, mais se rattachant à l'idée choisie pour rendre plus aisée l'étude de chacune de ces lettres, par conséquent n'amenant pas de complication pour la mémoire et ne lui offrant au contraire qu'une facilité de plus. Ce moyen consistera à rapprocher la forme de la lettre d'un des caractères de l'objet dont on parle dans le récit. Ainsi la forme de f pourra être rapprochée de celle de la patte du chat dressée et recourbée à l'extrémité où se trouvent les griffes ; la forme de v, de l'écartement des ailes de l'oiseau dans l'action du vol ; là forme de m de celle des tétines de la vache placées à petite distance les unes des autres; la forme de s des ondulations que forme le corps du serpent ; la forme de z de la relation existant entre les rameaux et la branche à laquelle ils se rattachent ; la forme de j de la ligne verticale du jet d'eau à l'extrémité duquel, dans les tirs, on place parfois un œuf vidé rappelant le point de la lettre.

    1. En dehors des cartes où se trouvent les figurines (appelées Grands gestes sur le catalogue) qui sont très favorables à l'enseignement en commun, surtout quand il est donné simultanément à un grand nombre d'élèves, il y a une série de quatorze Tableaux pour l'étude des éléments phonétiques et des différentes espèces de syllabes portant les mêmes figurines plus petites que contient le livre de l'élève, et des exercices sur des mots, renfermant les éléments étudiés. Ces tableaux pourront être employés soit par le maître, s'il n'a qu'un petit nombre d'élèves, bien que la présentation isolée de chaque lettré à enseigner soit toujours préférable, soit par un moniteur dans le cas où les nécessités de l'école forceraient de recourir à ce mode d'enseignement ou tout au moins de révision.

    2. En donnant aux personnages représentés sur les cartons un nom rappelant, par son premier ou son dernier élément, la voyelle ou la consonne à étudier, on trouve, encore un moyen mnémonique aidant au souvenir de la valeur des lettres.

     

    3. Pour établir la correspondance entre les explications du Manuel et les autres publications servant à l'application de la méthode, nous mettrons entre parenthèses les indications abrégées suivantes : Pour les renvois au livre de l'élève intitulé : Enseignement de la lecture rendu attrayant et rapide par l'emploi de la Phonomimie, les lettres El. Suivies du numéro de la page ; pour les tableaux de lecture en quatorze feuilles, les lettres tab. Suivies du numéro du tableau ; pour les tableaux de lecture en cent colonnes collées, les lettres col. Suivies des numéros de la colonne à employer seule ou des colonnes à rapprocher ; pour les Exercices gradués de lecture, les lettres Ex. g. suivies du numéro de la page.

     

    4. Si on tient à l'enseignement simultané de l'écriture et de la lecture, on commencera de préférence par l'étude des voyelles i et u, des consonnes m et n à cause de la facilité de leur tracé.

    Voir page infra pour n.

     

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  • Commentaires

    1
    Emmanuelle
    Dimanche 15 Février 2015 à 11:57

    Bonjour, serait-il possible de connaître l'édition du manuel, afin de chercher à l'acheter, merci !


    PS merci pour les ressources. Je suis enseignante de soutien pédagogique à Genève et travaille avec une grande variété d'âges et de besoins.


    Cordialement.

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